Dimanche 23 novembre 7 23 /11 /Nov 11:42

Plusieurs médias ont succinctement rendu compte des résultats de l'enquête réalisée par l'INSEE et l'Observatoire national de la Délinquance (OND). Près d'1,7 million de Français se disent victimes de violences... a-t-on pu lire dans des médias et sur des sites sur le Web. Beaucoup ont travaillé à partir de la dépêche AFP rendant compte de la conférence de presse qui a eu lieu le 18 novembre 2008.

Cette conférence a présenté le rapport 2008 de l'OND qui contient une enquête de victimation, des analyses thématiques ainsi que par secteurs professionnels (police, gendarmerie, pompiers, poste, hôpitaux, transports publics, etc.).

Différentiel entre faits et dépôts de plainte

 

Il est toujours intéressant de faire connaître l'existence d'un différentiel entre les faits qui sont survenus et le nombre de dépôts de plainte.


Il faut savoir que beaucoup de victimes hésitent ou renoncent à porter plainte, pour plusieurs facteurs. Il faut dire aussi qu'attendu que l'évolution des plaintes étant un "indicateur" de la réussite ou de l'échec des politiques de sécurité des gouvernements, on peut légitimement penser qu'il y a des raisons qui font que les policiers reçoivent des consignes pour dissuader les victimes de devenir des plaignants. L'agresseur n'est pas identifié ? Ce sera difficile de le retrouver et le bureau d'ordre du procureur classera sans suite... Quand on vous dit cela dans un commissariat c'est dissuasif. Vous n'êtes pas sérieusement blessé avec un nombre de jours d'ITTP (interruption totale de travail personnel, nombre de jours avec certificat délivré par une unité médico-judiciaire) conséquents... on vous dit ce n'est pas grave, déclarer les faits sur une main courante au commissariat (cela a la valeur d'un simple témoignage et aucune action publique n'est engagée) et pas un dépôt de plainte. La "culture de résultats" a des effets pervers.

En 2006, 60,5% des 3665 salariés des transports publics agressés (appartenant aux entreprises affiliées à l'Union des entreprises de transports publics et ferroviaires UTP (hors RATP et SNCF) ont porté plainte. En 2007, 65% des 3774 salariés des transports publics agressés (hors RATP et SNCF) ont déposé plainte. Différentiel ! A EDF Gaz de France, seuls 20% déposaient plainte. Une partie de nos agents trouvent finalement des excuses à leur(s) agresseur(s), ils ne veulent pas les enfoncer...

 

Ouest France, a titré à la une de son édition du 19 novembre 2008 : " Injures, coups : des métiers à risques ", et un article sur ce thème figure en page 5. Dans ses éditions locales, il y a des informations complémentaires sur des professions exposées. On peut lire dans Ouest France que 90% des 2717 personnels hospitaliers n'ont pas déposé plainte en 2007 pour "ne pas altérer le lien de confiance avec le patient ou parce qu'il estime que la maladie explique l'acte" . Ce média a obtenu cette information en exploitant le rapport 2008 de l'Observatoire national de la délinquance La criminalité en France, qui paraîtra sous forme d'ouvrage aux Editions du CNRS (à partir du 4 décembre 2008, 39 euros) diffusé aux journalistes le 18 novembre.

 

Une synthèse (plutôt une présentation) de ce rapport est disponible en format pdf sur le site de lemonde.fr mais vous n'y trouverez aucune donnée chiffrée concernant les secteurs professionnels.

 

Pour en revenir aux agressions dans les hôpitaux, nous défendons le point de vue que la culture hospitalière fait obstacle à la prise en compte de la problématique agression, développe la culpabilisation des agressés et qu'il faut refonder donc cette culture professionnelle sur des bases plus saines. En tant qu’auteur principal de l’ouvrage Violence contre agents, j’ai émis cette idée lors de la 2ème journée Violences à l’hôpital organisée le 5 juin 2008 par l’EPSM de Lille Métropole.

 

Risques du métier et la logique du "vous saviez que vous aviez un métier dangereux lorsque vous avez signé votre contrat de travail" !

Nous savons que des salariés considèrent que leur agression fait partie des risques du métier. Leurs employeurs répètent cette formule et sont capables d'aller encore plus loin dans cette logique. En effet, suite à un braquage d’un guichetier SNCF, à une alerte pour danger grave et imminent déposée par le CHSCT et l’appel à une expertise externe, la SNCF a développé devant des tribunaux en septembre et octobre 2006 le point de vue selon lequel ses agents commerciaux (ventes aux guichets) connaissaient les risques d’agression lorsqu’ils ont signé leur contrat de travail ! Incroyable mais vrai, la SNCF et ses avocats n'y vont pas par le dos de la cuiller. Les Tribunaux ont rejeté cette argumentation éhontée et erronée (nous y rendrons dans un prochain article). Comme quoi la théorie selon laquelle les agressions font partie du métier a la vie dure chez certains employeurs et qu'elle peut avoir des prolongements inattendus...

Agressés, "vous devez systématiquement déposer plainte" et "votre employeur vous soutien en se constituant partie civile"...

Relevons que des employeurs donnent à leurs subordonnés la consigne de déposer systématiquement plainte... mais si l'agent a peur des représailles comment fait-on ? Il faut mieux enlever cette injonction des textes internes des entreprises et s'atteler à expliquer les enjeux liés au dépôt de plainte...

Relevons aussi que les employeurs présentent leur constitution de partie civile comme une forme de "soutien aux côtés du salarié agressé" alors que c'est obtenir réparation d'un préjudice subi !

 

"Nuit des données", croisement difficile de données relatives à un phénomène... sous-évalué !

 

Des agressions ne sont pas répertoriées sous forme de dépôt de plainte, de déclaration d'accident du travail, d'accident du travail bénin, etc. Ce type d'enquête, dite de victimation est probablement utile pour montrer l'existence d'un chiffre noir et pour pointer un certain nombre de difficultés pour tendre vers plus de transparence sur ces questions d'insécurité et d'insuffisantes mesures de prévention des agressions...


Le croisement de données aux fins de connaissance des réalités est donc particulièrement difficile à réaliser. Par exemple, lorsque des salariés des transport public déclarent leur agression par crachat en accident du travail, la sécurité sociale rejette... car il n'y a pas d'arrêt de travail sur le moment (absence de séquelles psychologiques importantes dans l'immédiat). Dans des entreprises, on fait pression sur les salariés pour qu'ils ne déclarent pas leur agression physique ou autre en accident du travail. Alors ce n'est pas pour les pousser vers le commissariat et de laisser des traces...

 

 

Il nous faudra donc attendre la parution en librairies du rapport 2008 La criminalité en France ou consulter son site Web si le rapport est mis en ligne, pour avoir accès aux données relatives aux agressions, survenues en 2007, dans l'Education nationale, à la Poste, dans les hôpitaux, à la RATP, à la SNCF et dans d'autres entreprises de transport public, chez les sapeurs-pompiers de Paris et chez les professionnels et volontaires, chez les médecins généralistes, dans la police et la gendarmerie. Autant d'informations utiles pour mieux appréhender ce que sont les violences contre agents.

 

 

 

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Dimanche 23 novembre 7 23 /11 /Nov 11:21

 

Vient de paraître :

 

"Les agressions des agents des services publics & du travail social", article rédigé par Thierry Gerber et Pascal Poulain, dans la revue L'Observatoire, revue d'action sociale et médico-sociale, Belgique, n°58, novembre 2008. Ce revue consacre son numéro 58 à un dossier : Violence des usagers. Usage de violence.

 

http://www.revueobservatoire.be

 

 

 

Nouveau :

 

Voir l'article dans l'Encyclopédie libre Wikipédia : Violences contre agents

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Dimanche 23 novembre 7 23 /11 /Nov 10:23

Exemple de pluridisciplinarité, tant souhaitée par les dirigeants et principaux managers d'EDF : l'intervention de sociologues d'entreprise en matière de "risques psychosociaux".

 

La revue Sociologies Pratiques, numéro 16, avril 2008, éditée par les PUF, publie un article de Véronique Pauly et Jacques Viers intitulé " L'apport de la sociologie à la prise en compte des risques psychosociaux" (pp. 25-37).

 

Les auteurs de cet article

 

Véronique Pauly se présente comme conseil RH à EDF, intervenante en prévention des risques professionnels, notamment psychosociaux.

 

Jacques Viers apparaît comme cadre supérieur à Gaz de France, ancien chef de projet sur les risques psychosociaux dans le Service central santé sécurité d'EDF Gaz de France.

 

Mais que veulent nous dire ces deux auteurs ?

 

Une erreur de chapeau

A la lecture de cet article, on s'étonnera tout d'abord de la présence d'un chapeau qui n'a rien à voir avec le sujet traité par les auteurs. Qu'on en juge : "Quand une entreprise de services mobilise ses services marketing pour améliorer la satisfaction de ses clients [...]" etc. On retrouve ce même chapeau dans l'article d'Hélène Delahaye "Sociologie en entreprise : réflexions sur la complementarité des savoirs"... page 55. 

 

Problème de méthodologie

 

Dès la quatrième ligne de leur article, Véronique Pauly et Jacques Viers utilisent la notion "risques psychosociaux au travail" sans même prendre soin de la définir et de la discuter. On appréciera à sa juste valeur ce manque de méthodologie, sachant que ces auteurs se présentent par la suite comme des sociologues d'entreprise et entendent parler savamment de l'intérêt de mettre en oeuvre la sociologie d'entreprise... Sachant aussi qu'ils n'ignorent sans doute pas que la notion même de "risques psychosociaux" est controversée. La première rencontre organisée par la Revue Santé & Travail le 15 octobre 2008 à Paris a fait état des termes de la controverse et des pièges à déjouer (voir leur site Web).

 

En bas du même paragraphe, ils se contentent d'écrire : "Dans la grande famille des risques psychosociaux cohabitent des causes et des symptômes de mal-être : violence en provenance du public externe à l'entreprise, violence interne à l'équipe de travail, harcèlement moral et sexuel, excès de stress, troubles anxieux et dépressifs, stress post-traumatique, addictions." Les deux auteurs ne font que lister la vision de leurs hiérarchiques, tout en oubliant notamment les crises suicidaires et les traumatismes collectifs de type AZF ou tempêtes...

 

A une première lecture, on peut se dire oui les "violences en provenance du public externe à l'entreprise" peuvent engendrer stress post-traumatique, dépression, voire suicide, etc. ou violence agie en retour de la violence subie... Ce terme de "risques psychosociaux"  recouvriraient bien alors causes et symptômes. Mais à y regarder de plus près les causes de ces violences ne figurent pas dans la liste : sont absents à la fois des facteurs sociétaux et des facteurs organisationnels internes à l'entreprise, propres à l'organisation de l'entreprise et du travail, révélatrices des conditions concrètes de réalisation du travail (travailleur isolé, absence de marges de manoeuvre et de négociation en cas de conflit, déni des risques par la hiérarchie, mesures de prévention absentes ou largement insuffisantes, etc.). Organisationnels entendus au sens de politiques de l'entreprise : ce qui renvoie au commercial, à la gestion, à la place de la solidarité avec les usagers démunis,... Quelles prises en compte dans la chaîne de décision et d'organisation, le plus en amont possible, de la problématique sécurité de l'agent en première ligne, celui qui est en contact avec le public, celui qui encaisse avec douleurs coups et injures ? Pourquoi laisse-t-on, depuis 25 ans ou plus, des agents EDF et Gaz de France (c'est vrai aussi dans d'autres professions) en situation de travailleur isolé dans des situations de travail reconnues potentiellement à risques ? A savoir : les situations d'avoir à effectuer des coupures impératives d'énergie exigée par EDF ou d'autres fournisseurs d'énergie, arrêt de fourniture en gaz avec dépose du compteur, exigée par GDF et d'autres fournisseurs de Gaz ? A savoir se déplacer seul dans des quartiers marqués par l'insécurité réelle ou l'insécurité ressentie ? Dans des îlots de quartiers ou immeubles contrôlés par des dealers violents ? Des interventions urgentes gaz et électricité quand l'éclairage public a été coupé

(après neutralisation du poste de transformation publique) et qu'il y a des caillassages et des guets-apens ? Il y a peu encore, à Marseille, nos dépanneurs électricité et gaz intervenaient rapidement la nuit, en binômes, dans une relative sécurité. La  direction a fait une réforme, que la grève bien suivie, n'a pas réussi à mettre en échec. Maintenant, le temps d'intervention est plus long (mailles d'intervention élargie), le dépanneur intervient seul (ce qui est risqué), les usagers ayant tendance à paniquer, à s'inquiéter, et à être mécontents lorsque l'électricité est coupé de nuit dans leur immeuble ou leur quartier...

 

"Violence interne à l'équipe"... les auteurs auraient dû écrire "interne à l'entreprise" voire dans un cadre plus large, avec prise en compte des relations tendues clients - fournisseurs. Evoquons ici les agressions entre salariés des unités d'EDF et les salariés des sous-traitants, comme cela s'est produit dans des centrales nucléaires EDF ou dans la distribution d'électricité (EDF) ou dans le secteur gazier (GDF).

 

Excès de stress. Les auteurs prennent soin d'écrire excès de stress. Peut-être partagent-ils la théorie erronée du "stress positif" ? A partir de quel niveau estiment-ils que le stress, en excès, a des conséquences négatives ? Excès de stress... ne peut-on pas, légitimement , se demander si ceux qui se prétendent sociologues d'entreprise ne sont pas seulement des voix de leurs maîtres... Aucun diplôme ou savoir n'est nécessaire pour être la voix de son maître ! Où est l'indépendance scientifique dans tout cela, quand on a affaire à des personnes simples subordonnés à leurs employeurs?

 

Les auteurs écrivent : "La médiatisation de ces risques dans la sphère professionnelle est importante"... Première nouvelle ! Pas à EDF, ni à Gaz de France ! Dans quelles entreprises alors ?

 

Selon V. Pauly et J. Viers, "les risques psychosociaux au travail seraient un champ nouveau". Nouveau pour qui, nouveau depuis quand ? "On constate l'émergence d'une problématique", écrivent-ils. Depuis quand émerge-t-elle ? Dans un rapport édité par notre Comité central d'entreprise, en mars 2008, on peut lire l'auto-critique de Jacques Viers qui n'aurait, avec d'autres, pas vu apparaître des "signaux faibles" en matière d'agressions des agents EDF GDF par des usagers ou des délinquants violents (braqueurs, etc.) alors qu'il suffisait de... mener une enquête de terrain. Sociologie d'entreprise !

 

Les auteurs auraient été ou seraient encore "en charge des risques psychosociaux" dans deux grandes entreprises.

 

L'on savait que Jacques Viers avait été chef de projet, de décembre 2000 à juillet 2002 du Projet "Violence-Agressions" au sein du Service Prévention Sécurité (SPS) commun à EDF et à Gaz de France. Ce service étant avalé dans la Délégation à la Prévention et à la Gestion des Risques (DPGR). Soyons précis, ce projet traitait des agressions commises par des tiers à l'encontre des agents EDF, GDF ou mixtes et aucunement des violences internes. Ce projet n'avait pas comme champ les risques dits psychosociaux. Jacques Viers a ensuite travaillé à Gaz de France sur la thématique "éthique et développement durable".

 

De plus, langage managérial oblige, révélateur de la politique menée : Gestion des risques. Quand on gère c'est qu'on a renoncé à prévenir les risques. En prévention, il s'agit d'abord d'éliminer les risques à leurs sources. Oui, mais on peut aussi les externaliser lorsqu'une entreprise est plus en capacité que vous d'y faire face. C'est ce qu'on nous raconte. Pendant de longues années, on a sous-traité la relève des comptages à EDF et Gaz de France à des intérimaires et des entreprises parce qu'ils seraient mieux en mesure de prévenir les agressions de leurs salariés ? Non, pas du tout, c'est parce que cela diminue les agressions des personnels d'EDF et de GDF et chez les intérimaires et les salariés de ces boîtes il y a plus de turn over et moins de syndiqués, donc les problèmes d'insécurité deviennent socialement et syndicalement invisibles.

 

Quelle est la plus-value d'une sociologie d'entreprise dans le cadre de ce projet "Violence-Agressions" ?

 

Rappelons tout d'abord que Jacques Viers, chef de projet, analysait la situation en terme de "EDF et son environnement". En cela il partageait l'analyse du "superviseur du projet" et de bon nombre de cadres supérieurs et moyens d'EDF. Vieille subsistance d'une croyance dans le "rôle structurant" d'EDF sur la société française ? Faible prise en compte des questions d'environnement ? Les textes d'EDF rédigés lors des décennies 1970, 1980 et 1990 sont truffés de cette expression curieuse et erronée : "EDF et son environnement". Forme de négation des interactions entre entreprise EDF et société ? entre électricité, système électricique, et société ?

 

Analyser les chose en termes d'EDF et son environnement c'est finalement intégrer une conception d'extériorité ou de déterminisme mécaniste : en conséquence les violences auraient des causes uniquement ou principalement externes à l'entreprise EDF, externes à l'entreprise GDF... Dans la présentation du groupe de projet 'Violence-Agressions" ne trouve-t-on pas la notion erronée de "violence d'origine externe" ! Cela n'est d'ailleurs pas propre à ces deux entreprises, alors que le sociologue Michel Wieviorka et son équipe du CADIS ont montré qu'il y avait coproduction d'insécurité ! On le voit, la pensée dialectique est à l'opposé de celle des déterministes.

 

Page 33 de cet article, on peut lire : "à EDF et Gaz de France, les métiers les plus sujets à l'excès de stress ont souvent la tentation de ce type de soulagement immédiat : un problème (le stress), une solution (le stage de formation codifié)"... Les "métiers" auraient souvent la tentation... Les métiers c'est quoi ? Les responsables des entités métiers ? Les salariés eux-mêmes ? Pas clair, décidément, la "sociologie d'entreprise", telle qu'elle est présentée par ces deux auteurs, est trop obscure pour nous... Cette expression "métiers" apparaît aussi dans le texte relatif à la création d'un "Conseil national de la santé au travail" à EDF maison-mère.

 

Nous ne nous attarderons pas plus longtemps sur cet article, les auteurs ne précisant pas en quoi leurs interventions de sociologues a apporté quelque chose. En effet, ils se bornent à écrire : "Les méthodes [...] de la sociologie de l'entreprise fonctionnent très bien, nous l'avons expérimenté." Véronique Pauly et Jacques Viers pensent qu'il suffit d'affirmer cela pour qu'on les croit sur parole. Quelle suffisance intellectuelle !

 

Soulignons cependant un élément positif que l'on retrouve dans la conclusion : Véronique Pauly et Jacques Viers écrivent que "les risques psychosociaux sont bien mal nommés. Il serait plus correct de parler de l'impact psychologique (ou de santé mentale) de facteurs sociaux et organisationnels sur des groupes d'acteurs." Plus correct oui effectivement... cet article méritait bien quelques corrections.

 

Dans cet article, on pourrait dire sur un mode humoristique (tant apprécié par Jaques Viers, grand amateur des bandes dessinées publiées dans Vigilance, une revue interne à EDF et Gaz de France, puis à EDF et GDFSUEZ, spécialisée dans la propagande sur la politique santé sécurité des directions), il y a tant un problème de chapeau que de têtes.

 

Notre réaction est, j'en conviens, un peu polémique. Mais nous vivons une période d'un politiquement correct étouffant et sous une avalanche de discours managériaux trompeurs et intégrationnistes. Alors si des managers se travestissent en "sociologue d'entreprise" pour promouvoir les politiques néfastes de leurs employeurs, pour faire de la publicité pour le compte de leurs entreprises dans cette revue de sociologie, on ne peut pas quand même tout laisser passer sans réagir (voir mon texte sur "Conseil national sur la santé au travail à EDF maison mère : un piège intégrationniste").

 

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Lundi 17 novembre 1 17 /11 /Nov 10:57


EDF sort du bois et dévoile enfin sa volonté et politique intégrationnistes. Les dirigeants et principaux managers RH du Groupe EDF voudraient que les représentants du personnel collaborent (le mot est d'eux) à la mise en oeuvre de leur politique de dégradation des conditions de réalisation du travail, des organisations de travail et du contenu du travail.

Nous y reviendrons, lorsque le climat sera moins crispé.
La direction va communiquer (intox), en interne comme en externe, pour cacher les réalités du sens d'un accord sur la constitution d'un " conseil national de la santé au travail " à EDF maison-mère. Elle a commencé à le faire en ne citant aucune des phrases qui montrent clairement le dispositif intégrationniste. Ce texte servira sans doute d'exemple pour des accords dans les filiales RTE, ERDF, GRDF, etc.

Déjà, ils évoquent les "atteintes physiques d'origine professionnelle". Considèrent-ils les agressions physiques comme des atteintes d'origine professionnelle ou étant ... d'origine externe, extérieure, sociétale, celle d'un environnement hostile ?

Poser la question c'est y répondre.

Beaucoup de formules managériales à EDF, comme dans d'autres entreprises, recèlent des pièges qu'il convient de déjouer.

Nous développerons ce point ultérieurement.
Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Mercredi 22 octobre 3 22 /10 /Oct 08:06
Sedan : une conductrice de bus agressée

Jeudi 16 octobre 2008, Annick Morelle, conductrice à la Régie départementale des transports ardennais (RDTA) a été agressé, Place Calonne, par un lycéen qui refusait de présenter un titre de transport depuis plusieurs jours. Jeudi, elle lui a refusé l'accès au bus et il s'en est pris à elle.
Lundi 20 octobre, 25 des 28 chauffeurs du site sedanais de la RDTA ont cessé le travail entre 6 et 8 heures du matin afin de dénoncer cette agression et demander des mesures de prévention.


Montreynaud : engin incendiaire le 11 cotobre, puis altercation violente 8 jours plus tard

Samedi 11 octobre 2008, dans le quartier Montreynaud, un engin incendiaire a été lancé contre un véhicule de transports publics de la Société de transports de l'agglomération stéphanoise (STAS). En conséquence des bus étaient suivis par des voitures de police, en guise de protection.
Dimanche 19 octobre 2008, à 20 heures 15, sur la ligne 9, un conducteur ou deux vérificateurs (cela diverge selon les sources) a ou ont été agressé(s) par deux individus qui refusaient de descendre du trolleybus à l'arrêt Rue Amundsen, puisqu'il avait été décidé que les véhicules n'iraient plus jusqu'au terminus, en haut du quartier Montreynaud, là où a été commise l'attaque à l'engin incendiaire. 
Une trentaine de jeunes s'est mêlée de l'affaire et les policiers qui suivaient le trolleybus sont intervenus en demandant du renfort.
Lundi 20 octobre, les chauffeurs ont exercé leur droit de retrait et la grande majorité des bus et tramway ne fonctionnait pas. Une réunion s'est déroulée en fin de matinée ce jour-là entre syndicats CGT, CFDT, FO, UNSA et la Direction de la STAS. Il a été décidé notamment que le service serait suspendu à 20 heures tous les soirs pendant quelques jours, à partir du 21 octobre.
Les syndicats soulignent que les difficultés s'observent sur la ligne 9 mais aussi dans la vallée de l'Ondaine, à Beaubrun et La Cotonne.
Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Mardi 21 octobre 2 21 /10 /Oct 15:46
Agressions d'équipes du service public de l'information (France 2 et France 3)

Mardi 14 octobre 2008, à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), des individus ont agressé des membres d'équipes de tournage, appartenant aux chaînes du service public.

Deux membres de l'équipe de France 2 ont été frappés, dont le cameraman qui a été blessé à la tête et hospitalisé quelques heures. Deux autres agents du service public de l'information se sont réfugiés dans une caserne de sapeurs-pompiers. Deux autres ont été mis en sécurité par la Police.

Une voiture de reportage a été endommagée et la caméra de France 2 ainsi que deux sacs ont été dérobés.

De tels actes sont inadmissibles car ils portent atteinte aux droits à la sécurité de citoyens et de salariés et portent atteintes au service public de l'information. 

Thierry Gerber a fait part de son soutien aux personnels agressés, en adressant un texto à une journaliste de France 2 qui a transmis le message de sympathie et de solidarité.

Curieusement, les médias audiovisuels et autres ont été très discrets sur les agressions de leurs confrères. Les employeurs ne veulent peut-être pas faire peur à leurs employés et créer une psychose.

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Mardi 14 octobre 2 14 /10 /Oct 09:25


Le rapport de juin 2005 sur La problématique des agressions physiques des agents du service public de l'énergie, réalisé dans le cadre du Plan interministériel Violence et Santé, adressé au Directeur des relations du travail (ministère du Travail) et au Directeur général de la Santé (ministère de la Santé) est disponible sur le site de comprendre-agir.org :


http://www.comprendre-agir.org/images/fichier-dyn/doc/rapport_violences_sante_cgt_edf_gdf_septembre_2005.pdf

Le rapport  de novembre 2007, édité par le CSC des CMP d'EDF et de Gaz de France, est en ligne sur le site du JAC-CERDACC :


http://www.jac.cerdacc.uha.fr/internet/recherche/Jcerdacc.nsf/NomUnique/JLAE-7BYJ6D

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Lundi 13 octobre 1 13 /10 /Oct 19:16

A) Edition et mise en ligne sur le Web du rapport sur les agressions physiques des agents du service public de l'énergie (EDF GDF, Electricité de Strasbourg, Gaz de Strasbourg,...)

Le rapport "La problématique des agressions physiques des agents du service public de l'énergie, survenues en service et commises par des tiers" a été édité à 1000 exemplaires en mars 2008 par le Conseil supérieur consultatif des CMP d'EDF et de Gaz de France, suite au vote unanime des représentants du personnel (CGT, FO, CFDT, CGC, CFTC) d'une résolution pour ce faire.

Sur le site Internet du CERDACC, dans le Journal des Accidents et des Catastrophes (JAC) n°82 mars 2008, ce rapport a été présenté et mis en ligne.

http://www.jac.cerdacc.uha.fr/jac/   Editions passées  JAC n°82 mars 2008  Rubrique : Lu pour vous


B) Luc Gwiazdzinski, chercheur et géographie, s'est vu confié en mai 2008 une mission d'étude par la ministre de la Ville sur le thème : "La pratique de la ville la nuit". Il a invité Thierry Gerber à faire partie du comité de pilotage. J'ai accepté et produit un document sur la problématique de la nuit pour le service public de l'énergie. J'ai invité un responsable du Secours populaire français, responsable du développement des maraudes la nuit, à présenter ses réflexions devant le comité de pilotage. J'ai aussi invité un syndicaliste CGT représentant des dépanneurs EDF GDF de Marseille à s'exprimer sur cette thématique. Des syndicalistes de divers professions ont été invités à faire de même.

C) Le 5 juin 2008, Thierry Gerber, co-auteur de Violences contre agents (Jean-Claude Gawsewitch Editeur, avril 2007) a été invité à faire une intervention lors de la 2ème journée Violence à l'hôpital sur le thène : Prévention des situations de violence organisée par l'Etablissement public de santé mentale de Lille Métropole. Sur le site http://www.epsm-lille-metropole.fr/   dans Actualité vous trouverez dans Audio l'exposé et les réponses aux questions de la salle, ainsi qu'un document sur "les agressions des agents des services publics."

D) Le 23 septembre 2008, à l'invitation de l'ANACT (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail), Thierry Gerber a participé à une table ronde (80 participants environ) autour du livre de Francis Ginsbourger : Des services publics face aux violences. Concevoir des organisations source de civilité, paru aux Editions de l'ANACT en avril 2008. L'ANACT doit rendre compte des travaux de cette table ronde sur son site Web.

E) Le 26 septembre 2008, à l'invitation des représentants du personnel du CDEP Bus (comité départemental économique et professionnel) de la RATP Bus, Thierry Gerber s'est exprimé en tant qu'auteur de Violences conre agents lors du Forum Les relations avec les usagers au coeur du service public. Les actes doivent être publiés et une présentation doit être mise en ligne sur le site http://www.cdep-bus.org

F) L'Observatoire, revue belge d'informations sociales et psychomédico-sociales éditée par la Région wallone et les Provinces francophones, a proposé à Thierry Gerber de rédiger un article pour le dossier sur les agresions par les usagers. L'article de 10 pages "Agents des services publics & du travail social. Pourquoi ces 'obligés du public' sont-ils agressés ?", signé par Thierry Gerber et Pascal Poulain, figurera dans le n°58 de cette revue publiée fin octobre 2008.

G) Thierry Gerber a signé la pétition "Le service public est notre richesse. Mobilisons-nous !" A lire et à signer, si vous le souhaitez, sur : http://service-public-notre-richesse.fr/












 

 

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Lundi 13 octobre 1 13 /10 /Oct 17:39

Les problèmes d'insécurité et d'agression sont récurrents dans les transports en commun de la métropole lilloise. Les lignes 25 et 27 demeurent sensibles pour la sécurité des agents et des usagers.

Bref rappel des faits.

Déjà en mai 2007, un agent, Amar Mediouni, avait eu affaire à un individu armé. Conséquences : deux mois d'arrêt de travail pour le salarié âgé de 36 ans. Son employeur, Transpole, avait mis quatre jours avant de lui proposer d'aller voir un psy. Pour divers motifs en lien avec son agression, il a décidé d'attaquer Transpole devant le Tribunal des affaires de sécurité sociale pour faute inexcusable de l'employeur.

Le 16 septembre 2008, un chauffeur a été blessé au visage suite à jet de projectile à Roubaix.

Les 17 et 18 septembre 2008, tous les chauffeurs de bus ont fait valoir leur droit de retrait après une nouvelle agression survenue le 17 septembre dans un bus à Roubaix. 300 bus restés aux dépôts. Une reprise du travail a été partiellement observée le 18. Mais on continue d'éviter de desservir certains arrêts de la ligne 25 et 27.

Des menaces de boycott ressurgissent : "à partir d'une certaine heure, nous sommes les derniers à circuler dans ces quartiers-là. Il faudrait, comme en région parisienne, que ces secteurs ne soient plus desservis le soir. C'est dommage, mais il en va de la sécurité des personnels et aussi de celle des usagers" affirment des salariés.

Les syndicats déplorent  "l'absence de soutien de la part de la direction de Transpole. Les agressions demeurent des incidents. La direction de Transpole (Groupe Keolis) minimise le problème de l'insécurité. A quelques mois de l'appel d'offres concernant l'exploitation des transports en commun de la métropole lilloise, il faut faire bonne figure." (La Voix du Nord 19 septembre 2008).

D'après Nord Eclair, les représentants syndicaux en ont marre du jeu de ping-pong : Transpole rejette la faute sur la communauté urbaine, la communauté urbaine la rejette sur le désengagement de l'Etat et la police dit qu'elle fait son travail.

Le 1er octobre 2008, agression à la Porte de Douai, à Lille. A 6 heures 30, sous la menace d'un couteau, l'agresseur s'est fait remettre le contenu de la caisse. Il s'est enfui avec un complice en scooter.

Force Ouvrière réclame que trois équipes de conducteurs (soit 15 agents) soient détachés pour assurer une présence dans les bus au côté des conducteurs (Nord Eclair 10 octobre 2008).

Le 10 octobre, sur les lignes 25 et 27 les chauffeurs continuent d'éviter les quartiers de l'Alma et de la Fosse aux Chênes à Roubaix.

Nouvelle séance de négociation sur le sécurité le 23 octobre, qu'en sortira-t-il ?

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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Vendredi 21 mars 5 21 /03 /Mars 16:27

Après deux incidents les 14 et 15 mars, les chauffeurs de bus du Réseau Transports Intercommunaux du Centre-Essonne ont décidé de cesser le travail à la prochaine agression.
Le 20 mars, les conducteurs arboraient un autocollant « Ras le bol des agressions, il faut du changement
». « La direction attend toujours qu'il y ait un accident pour réagir », déplore un membre du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) du transporteur. « Il y a des problèmes mais un travail colossal a été effectué », conteste Stéphane Beaudet, le président de la Tice et maire UMP de Courcouronnes.

La première agression a eu lieu vendredi 14 mars, sur la ligne 402 au niveau de
Corbeil dans le quartier de Montconseil. « Depuis début février, la direction nous demande d'inciter les clients à valider leur titre de transport. Plus ils sont nombreux à le faire, plus l'entreprise reçoit de subventions. Mais certains usagers n'apprécient pas... » raconte un chauffeur. C'est ce qui s'est passé ce jour-là. Le conducteur, après avoir regardé le client dans les yeux, lui dit bonjour et demande de valider le ticket, conformément aux nouvelles consignes. Conséquence : il s'est fait taper à coups de sac et de poing. « Il est très choqué et toujours en arrêt de travail », assure un de ses collègues.
Le deuxième incident se déroule samedi 15 mars sur la ligne 403, à Evry,
quand deux bandes rivales de jeunes choisissent le bus comme lieu d'affrontement. Armés de pavés et de marteaux, ils brisent plusieurs vitres. Et s'ils ne s'en prennent pas aux voyageurs, ceux-ci sont effrayés par la scène.
Depuis, l'entreprise a pris de nouvelles dispositions. Lundi, le message sonore d'accueil des passagers leur souhaitant « Bienvenue sur la ligne... » a été complété. Désormais, une phrase incitant les voyageurs à valider leur ticket a été ajoutée. « C'est un énorme soulagement », explique un chauffeur. Avant-hier, les cassettes de surveillance des deux incidents ont été remises à la justice. « Notre réseau est l'un des mieux équipés en matière de sécurité des chauffeurs et des passagers, explique Stéphane Beaudet. Je ne peux pas promettre qu'il n'y aura plus d'agressions. Mais, en ce moment, j'ai une menace de grève par mois, quel que soit le motif. Au bout d'un moment, ça suffit. »

Article de Julien Heyligen, en ligne gratuitement sur le site Le Parisien, édition 91 Essonne

Par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)
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