SOLIDARITE AVEC LA CONTROLEUSE SNCF AGRESSEE

Publié le par Thierry GERBER (intelligence soc. CGTénergie)

Jeune contrôleuse agressée

SOLIDARITE !

Exprimons notre solidarité avec la jeune femme, agent ASCT, (appelée communément "contrôleur SNCF") agressée par deux individus le samedi 14 juillet 2007 entre Dormans et Epernay, dans le train qui dessert Paris-Est (départ 18 h 35) à Saint-Dizier.

Encore une fois, la violence s'est exprimée.

Dans un article de l'Union (16 juillet 2007) en ligne sur le Web, on apprend que cet agent féminin travaillait seul dans ce train express régional, qu'elle s'est débattue et a réussi à les mettre en fuite. La jeune contrôleuse violée en janvier 2005 se trouvait seule elle aussi ! Les années passent, des personnes sont exposées, nombre d'entre elles sont agressées et souffrent : la prévention des agressions demeure nettement insuffisante.

Ses collègues ont aussitôt déclenché une grève spontanée, qui s'est étendue progressivement sur le réseau régional.

Plusieurs rapports et études ont montré que, dans beaucoup de professions, la situation de travailleur isolé est un facteur favorisant.

La part des agents SNCF agressés alors qu’ils se trouvaient en situation de travailleur isolé reste stable sur la période 2001-2005 (45%).

Les données chiffrées, qu’il est difficile de collecter, montrent qu’il faut considérer les agressions dans les services publics (tant celles touchant les agents que celles à l’encontre des usagers-clients) comme des faits de société et non de simples faits divers.

Entre 500 et 800 agressions physiques des agents du service public de l’énergie, par an, depuis les années 1990 (selon nos estimations). Encore récemment un agent EDF GDF a été agressé à Saint-Denis par un caïd en possession d'une arme à feu. L'individu a été interpellé par la police.

Avec 4150 vols à main armée à La Poste, survenus entre 1996 et 2006, on peut estimer à 15 000 le nombre de postiers agressés ou témoins, avec un nombre conséquent, mais non répertoriés officiellement, d’usagers, dont certains ont été pris en otage.

A la SNCF, on dénombre 17 571 atteintes physiques aux agents (agressions physiques, vols violents) entre 1988 et 2006 (222 en 1988 et 1085 en 2006) [1]. De 1990 à 2005, sur les 15 944 atteintes physiques, 8565 accidents du travail avec arrêt ont été délivrés suite à agression et on passe de 333 en début de période à 690 en 2005 (avec une pointe à 864 en 2003).

 

28 420 clients de la SNCF ont été agressés entre 1999 et 2006 (on passe de 2500 en 1999 à 3520 en 2006 (les coups et blessures volontaires oscillant entre 45% et 33% selon les années).

 

A la RATP Bus, 3614 accidents du travail avec arrêt, suite à agression, entre 1999 et 2006 ; on passe de 390 en 1999 à 471 en 2006 (avec pointes à 518 en 2004 et 2005). 3280 atteintes physiques (hors crachats) durant cette période visant les machinistes.  4420 voyageurs ont été agressés durant la même période (336 en 1999 et près d’un millier en 2006).

A la RATP métro, on relève 1347 agressions d’agents entre 2004 et 2006, dont 544 avec arrêt de travail.

Dans les transports publics de voyageurs relevant de l’Union des transports publics (hors RATP et SNCF), 25 910 salariés de transport public ont été victimes d’agression entre 1997 et 2005 (2230 en début de période et 3351 en 2005). Pour ce qui est des voyageurs, 22 822 ont été agressés durant cette période (2254 en 1997 et 2771 en 2005).

La sécurité civile a enregistré pour 2005 plus de 728 agressions et incivilités touchant 1124 sapeurs-pompiers non militaires. Quant à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (militaires), il y a 143 agressions répertoriées entre 1993 et 2004 ; depuis 2000, les agressions ont été multipliées par 6 pour atteindre 59 en 2004.

258 médecins de ville ont été victimes d’agression physique entre 2003 et 2005.

Les convoyeurs de fonds, qui assurent « une mission d’intérêt général » « essentielle au fonctionnement de l’économie et de la société », selon la formule du ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, paient, chacun le sait, un lourd tribut en termes de morts et blessés graves.

Il est nécessaire de solidariser les usagers avec les salariés pour mettre ensemble en échec ces violences qui sont un véritables fléaux et qui génèrent de nombreuses formes de souffrance, de repli sur soi et de crispation, comme de risque d'auto-défense.

Aujourd'hui, le Réseau CGT "Insécurité-Agressions et Sécurité des agents des services publics" a adressé un rapport détaillé sur les violences contre agents à tous les députés et sénateurs. Quelles seront leurs réactions et propositions ?



[1]  Sources : pour la période 1988-1998 Mission centrale de la sûreté SNCF ;

depuis 1999, Base Cézar (connaître l’évolution des zones à risque) de la SNCF.

 

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Publié dans violences-stop

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